Une entreprise adaptée (EA) est une entreprise ordinaire qui emploie au moins 55 % de salariés reconnus handicapés, dans tous les secteurs d’activité. Ces salariés signent un contrat de travail de droit commun, ce qui la distingue d’un ESAT, établissement médico-social où l’on entre sur orientation.
Entreprise adaptée : définition et fonctionnement
L’EA relève du milieu ordinaire : elle vend des produits ou des services sur le marché, comme n’importe quelle société, et son statut juridique reste libre. Sa particularité tient à la composition de ses équipes et au contrat qu’elle conclut avec l’État.
Ce contrat lui ouvre l’accès à des aides spécifiques, dont l’aide au poste versée pour les salariés handicapés éligibles. En échange, l’entreprise s’engage sur une double mission : tenir son équilibre économique et accompagner chaque salarié dans son parcours professionnel.
Cet accompagnement peut déboucher sur un autre employeur. Pour cela, l’EA propose des dispositifs passerelles comme la mise à disposition chez un employeur ordinaire, d’une durée de 12 à 24 mois, ou l’entreprise adaptée de travail temporaire (EATT).
Qui peut travailler en entreprise adaptée
Le candidat doit être bénéficiaire de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), délivrée par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), et être sans emploi. D’autres critères peuvent s’ajouter selon le parcours, que le conseiller emploi vérifie avec la personne.
Pour travailler en EA, trois portes d’entrée existent :
- la candidature directe auprès d’une EA qui recrute ;
- un conseiller référent emploi (France Travail, Cap emploi ou mission locale), qui peut proposer le profil à une EA ayant une offre ;
- l’annuaire des entreprises adaptées tenu par l’UNEA, pour repérer les structures proches de chez soi.

Contrat de travail et salaire en entreprise adaptée
Le salarié d’une EA a un contrat de travail et bénéficie de l’ensemble des droits du Code du travail. Le salaire est au moins égal au Smic, en tenant compte de l’emploi occupé et de la qualification, sans lien avec le rendement.
Le CDD Tremplin est un contrat à durée déterminée spécifique, de 4 à 24 mois, avec un accompagnement renforcé vers un emploi durable. Il sert de marchepied vers une autre entreprise, ou vers un poste durable dans l’EA elle-même.
Pour une petite structure qui hésite à embaucher, le niveau du salaire minimum pèse sur la décision, comme le montre l’analyse des effets du Smic sur les petites entreprises.
Entreprise adaptée ou ESAT : les différences
Les deux structures emploient des personnes handicapées, mais leur nature n’a rien de commun. L’EA est une entreprise soumise au droit du travail ordinaire. L’ESAT est un établissement médico-social, dont les personnes accueillies relèvent d’un accompagnement et non d’un contrat de travail classique.
| Critère | Entreprise adaptée | ESAT |
|---|---|---|
| Nature | Entreprise du milieu ordinaire | Établissement médico-social |
| Mode d’entrée | Candidature, avec RQTH | Orientation décidée par la CDAPH |
| Statut de la personne | Salarié sous contrat de travail | Personne accueillie et accompagnée |
| Rémunération | Au moins le Smic | Rémunération garantie, fixée par des règles propres |
Concrètement, une personne dont la capacité de travail permet un emploi en milieu ordinaire avec un environnement aménagé relève plutôt de l’EA. Celle qui a besoin d’un soutien médico-social et éducatif continu relève plutôt de l’ESAT.
Aide au poste : comment l’État finance les entreprises adaptées
L’État verse à l’EA une aide au poste pour chaque salarié handicapé éligible. Son montant est fixé par arrêté, varie selon l’âge du salarié et a été revalorisé en 2026, y compris pour le CDD Tremplin, qui donne lieu à une aide socle propre.
Cette aide compense l’écart de productivité et le coût de l’accompagnement. Elle ne dispense pas l’EA de dégager un résultat d’entreprise positif : le contrat avec l’État suppose un modèle économique viable.
Sous-traiter à une entreprise adaptée : ce que gagne l’entreprise cliente
Une entreprise soumise à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés peut remplir une partie de cette obligation en confiant des prestations à une EA, ce qui réduit sa contribution. Les modalités de calcul se vérifient auprès de l’Agefiph ou de l’administration, car elles évoluent.
Les activités confiées sont variées : conditionnement, entretien d’espaces, saisie de données, travaux de bureau ou numérique. Pour le pilotage de la chaîne logistique, l’EA assure souvent la préparation de commandes ou le colisage.

Avant de signer, il suffit de vérifier que le prestataire est bien une EA : l’annuaire de l’UNEA permet de contrôler son appartenance au secteur.
Créer une entreprise adaptée
Un entrepreneur peut créer une EA ou transformer une entreprise existante, à condition de conclure le contrat avec l’État et de respecter le seuil de 55 % de salariés handicapés. Le projet doit présenter à la fois un volet économique et un volet d’accompagnement des salariés.
Ce montage n’a rien à voir avec un simple test d’activité, que l’on peut mener sous un statut allégé comme celui décrit pour créer sa micro-entreprise avant de démissionner. L’EA suppose un agrément et un engagement pluriannuel.
Le seuil de 55 % reste la référence pour reconnaître une EA : un prestataire qui ne peut pas le justifier par son contrat avec l’État n’a pas droit à cette appellation.

